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Grotte des Borderies

  • Lieu: Hautefort - Dordogne (24)
  • Type de sortie: Grotte de classe I, Initiation
  • Présents: Enid, Sébastien, Lisa, Jean-Michel, Nicolas
  • Excusé: /
  • Déduction fiscale: 106 km (Seb), 70 km (Niko)
  • Assurance temporaire: Enid, Elisabeth
  • Temps passé sous terre: 2h00

Par procuration, Sébastien exprimait le désarroi de sa fille. "Papa, j'aimerais bien venir avec toi". Tels étaient les mots prononcés par Enid, la fille de Seb. Aussi, Sébastien propose de mettre au calendrier une sortie dans l'optique de faire découvrir le milieu souterrain à sa fille de 5 ans et demi, Enid.

C'est un véritable casse-tête. Comment trouver une grotte intéressante et adaptée à son jeune âge ? Après quelques recherches dans mes vieux souvenirs de grottes d'initiations, je pense à la grotte des Borderies. Cette petite cavité, qui se développe dans le sous-sol perigourdin, présente toutes les qualités requises. Après quelques coups de fils, nous avons le droit de venir chercher les clés de la grotte à la ferme située au lieu-dit "La Mothe"...4 jours plus tard.

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Topographie de la cavité

Le jour J est arrivé. Je pars sur Sarlat. Je suis accompagné de Jean-Mich et nous allons retrouver toute la petite famille de Seb dans sa maison que je ne connais pas encore. Nous partagerons un repas (végétarien) particulièrement frugal, préparé avec attention par Elisabeth. Nous nous regroupons tous dans le même véhicule, et nous partons en direction du Nord. Après 40 bonnes minutes à savourer le paysage boisé de la Dordogne, nous arrivons à notre destination.

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Une belle équipe...

Normalement les clés du portail de la cavité seront disposées dans la boîte aux lettres, nous n'aurions théoriquement plus qu'à nous rendre à l'entrée du trou situé non loin de là. Sauf qu'il n'en est rien, la boîte aux lettres est deséspéremement vide. Je tente de joindre téléphoniquement le propriétaire des lieux, mais en vain. Un autre numéro est visible sur la fiche descriptive de la cavité. J'appelle, sait-on jamais ! Le monsieur est bien présent mais il se trouve à Marseille, et se trouve donc dans l'impossibilité de nous donner la clé tant convoitée. Je finis par joindre le propriétaire qui m'indique que sa femme va venir nous déposer les clés d'ici 15 minutes. Nous sommes sauvés, Seb commencait à devenir fort inquiet. Cependant nous avions déjà échaffauder un plan B au cas où. En attendant de réceptionner les clés, je propose d'aller prospecter afin de trouver l'entrée de la cavité. En effet, il n'est parfois pas commode de trouver les entrées de petites tailles.

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Un petit rhinolophe

Après quelques minutes de voiture, nous semblons être au bon endroit. Nous rencontrons un agriculteur, affalé sur le volant de son tracteur. Notre présence semble l'avoir réveillé, et il se dirige en notre direction. Lisa et Jean-Michel conversent avec lui tandis que nous tentons de découvrir l'emplacement de l'entrée. Le temps passe et les 15 minutes sont probablement déjà écoulées. Nous retournons à la Mothe pour récupérer les clés. Peu de temps après être arrivé sur place, une jeune fille chevauchant un scooteur, nous apporte les clés. le timing est parfait.

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Méditation souterraine

Quelques minutes suffisent pour nous habiller, le baudrier ne sera pas nécessaire. Nous prendrons cependant une petite corde et un appareil photo pour tout accessoire. Nous trouvons rapidement la cavité, dans le contrebas d'un champs boueux, où les collocataires mâchent à longueur de journée une herbe grasse et peu abondante. L'entrée est de petite taille, une lourde porte cadenassée en métal garde précieusement son accès. Un fin filet d'eau semble sortir discrètement quelques mêtres en dessous de celle-ci. Le terrain est déjà fortement boueux et des végétaux larges, hauts et piquant séparent Enid de la cavité merveilleuse. Jean-Michel vient à la rescousse en portant la "petite" sur ses épaules.

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Même les adultes ont le droit à la contemplation

Nous voilà tout les 5 à l'entrée de la grotte. J'enfile la clé dans le cadena, impatient de m'assurer que celui-ci s'ouvre sans encombre. Enid semble très préssée de venir découvrir ce qui s'y cache. Lisa est plus réservée, elle doute être en capacité de pouvoir dépasser psychologiquement sa claustrophobie. Je tente d'être rassurant et je lui propose que tout le monde passe avant elle et que je revienne expressément la chercher pour franchir le boyau d'entrée d'une seule traite.

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Un papa content

Je m'engouffre dans le boyau, la tête la première afin de garder un oeil sur Enid. La petite me suit avec précaution durant les premiers mètres. Après un court moment d'hésitation, elle se redresse et s'esclaffe bruyemment. Un grand "Woawwww" vient sonoriser l'ensemble de ce petit espace souterrain. Seb est déjà là, il est content pour sa fille. Je repars en arrière afin d'aller chercher Lisa. Je tombe sur Jean-Michel qui progresse en ma direction. Je lui demande si tout va bien. Il me répond que Lisa ne viendra pas.

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Enid est vraiment dégourdie

Enid découvre la faune souterraine. En effet, un petit rhinolophe est pendu par les pattes quelques mètres au dessus de son minois: elle hiberne. J'explique à Enid le cycle de vie de ce petit habitant cavernicole. La chauve-souris ne fait qu'une partie de son cycle de vie sous terre, c'est un animal trogloxène.

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Meta bourneti, une autre habitante que l'on rencontre fréquemment

Nous passons en revue toute la terminologie en "ite" afin qu'Enid puisse mettre des mots sur ce qu'elle a découvert ici. Nous progressons lentement afin de prendre le temps qu'Enid trouve de bonnes prises de pieds. Assez rapidement, nous nous trouvons face à un décrochement vertical. J'encorde Enid, et nous l'assurons à l'ancienne, comme du temps des alpinistes du XIXème siècle : c'est à dire en passant la corde au dessus des épaules, puis entre les jambes. Ainsi la force est décuplée. Le poids déjà minime d'Enid sera facile à supporter. Tout se passe pour le mieux, et la découverte est vraiment sympatique.

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Une petite qui est heureuse

Nous prenons le temps d'un arrêt afin de découvrir le silence et le noir absolu. J'allume ma bougie, simulant l'éclairage que nous utilisions jadis afin d'éclairer les paroies insondables de l'abîme. Après quelques digressions ambulatoires dans quelques diverticules borgnes, nous revenons sur nos pas.

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Enid dans le boyau d'entrée

Il faut franchir à nouveau l'obstacle verticale. Celui-ce n'est pas haut, 3 mètres peut-être. Cependant, pour Enid, c'est certainement très impressionnant. Nous l'encordons à nouveau sous les bras. Seb se met d'un côté de l'obstacle, JM de l'autre. Je me place en dessous, en parade, afin de prévenir toute chute. Elle va franchir l'obstacle en traversée, en pratiquant l'escalade. Nous n'intervenons pas mais seront présents si elle venait à se déséquilibrer lors de sa progression sur le rocher. Tout se déroulera merveilleusement bien et le retour vers l'entrée fût sans histoire aucune.

A notre arrivée à la voiture, l'agriculteur que nous avions rencontré en arrivant sur le site, vient à notre rencontre afin de nous comter les aventures exploratoires qu'il a vécu lorsqu'il était jeune...beaucoup plus jeune.

Nicolas