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Grottes des douimes, grotte du poirier

  • Lieu: Azerat - Dordogne (24)
  • Type de sortie: Grotte de classe I
  • Présents: Sébastien, Nicolas, Fabrice, Jean-Michel
  • Excusé: /
  • Déduction fiscale: 70km (Jean Mich), 84 km (Sébastien)
  • Assurance temporaire: /
  • Temps passé sous terre: 3h

Il s'agissait de faire une petite initiation au spéléisme pour Fabrice. Le choix de la grotte était délicat et fut le fruit d'une longue réflexion. Situés en Dordogne, faciles d'accès et adaptées à tout type de pratiquants, les grottes de douimes offrent une perspective de découverte interessante. Fabrice est sportif, mais il est costaud donc attention à ne pas le mettre en difficulté dans des étroitures infâmes qui font pourtant l'objet d'un grand nombre d'initiations...par le fait de l'absence de verticalité.

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Après un covoiturage depuis Sarlat (et depuis Souillac avec Jean-Mich), nous nous retrouvons en début d'après midi sur le site des ruines du moulin du douime. C'est un endroit magnifique, où l'eau resurge de sous terre pour traverser les ruines d'un ancien moulin. La rivière karstifiante vient dessiner de nombreux gours qui se fondent dans une végétation grasse et luxuriante. Vous pouvez trouver le descriptif de l'endroit sur le site meconnu.fr.

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Nous débutons l'initiation par la visite de la resurgence des douimes. La progression se fait essentiellement dans un ruisseau calme avec un niveau d'eau faible, avec une petite quantité d'obstacles. Fabrice semble être content de découvrir le milieu souterrain. Jean-Mich est un peu géné par sa vue mais il est heureux de nous accompagner. Seb, lui, balance quelques vannes en réponses au miennes. En moins d'une heure, nous sortons déjà de la rivière pour emprunter une montée argileuse en direction d'une étroiture relativement aisée qui mène vers une grande salle. A peine arrivés dans la grande salle, nous observons quelques minutes de repos assorties de quelques explications géologiques afin d'agrémenter la sortie. Je digresserais ensuite sur le matériel utilisé en spéléologie et plus particulièrement sur l'histoire de nos éclairages à LED et à leurs ancêtres à l'acétylène. Nous repartitons ensuite par groupes de 2 pour gravir l'ébouli terminal de la grande salle. On devine aisément que le plafond s'est effondré et que, dans quelques milliers d'années, un puits pourrait percer la surface afin d'offrir une seconde entrée. C'est le terminus, aussi nous faisons demi-tour pour ressortir de la première grotte des douimes.

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Par chance, la région est un vrai gruyère. Une deuxième entrée fossile se trouve non loin de là. Quelques mètres à parcourir dans une végétation naissante, nous mène à une nouvelle entrée horizontale. Nous nous engageons tous dans la grotte dont la progression est peut être encore plus aisée que la précédente. Au bout de quelques dizaines de mètres, nous rejoignons un fin filet d'eau qui grandi au fur et à mesure de notre déambulation. Je previens les troupes qu'il est fort probable que nous n'atteignons pas le fond de la grotte. En effet, habituellement, de nombreux excréments de chauve-souris souillent le sol de la cavité jusqu'à rendre l'atmosphère irrespirable. Mais cette fois, quelle chance ! Il n'y a que peu de guano, et l'odeur est à peine perceptible. Je pars en avant afin d'aller me cacher dans le terminus, sous le siège d'une tremie pour laisser nos aventuriers le soin se frayer, par eux-même, le chemin dans la cavité dont la progression est quasi linéaire. Nous sortîmes très activement de la deuxième grotte.

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Il nous reste du temps et nous sommes à 300 mètres de la grotte du poirier. Aussi nous décidons collectivement de nous y rendre. Sur le trajet, nous échangeons au sujet de la pratique spéléologique en club et des possibilités que cela offre : secours, apprentissage de l'usage des explosifs, désobstruction...etc. Le long de la route, à la croisée de fils barbelés, une petite sente remontante se dirige en direction d'un petit porche. Nous grimpons un à un. Une petite étroiture se profile au fond du porche avant que la cavité ne s'ouvre vers une vaste galerie de larges dimensions. Le sol trés érodé trahit une forte fréquentation. Quelques concrétions judieusement placées nous offrent un beau spectacle. Nous progressons tout les 4 en direction du fond de la galerie. Le souffle de Jean-Michel se fait court, l'éboulie terminal est abrupt. Même Fabrice souffle aussi. Seb rappelle oralement que la spéléologie c'est difficile mais que c'est très facile par rapport à l'igue de Saint Sol. Arrivés en haut, j'explique ce qu'est un laminoir, zone où le plafond et le sol semblent dangereusement se rapprocher pour ne laisser qu'une fine ouverture horizontale qui oblige à la reptation. Nous redescendons pour aller voir le départ du puits. La galerie est comme ajourée d'une petite fenêtre donnant vers un court boyaux amenant lui-même vers une verticale franche. J'explique à Fabrice, ce que sont les amarrages artificiels (spits, broches, goujons) et comment on équipe les parties verticales. C'est ici à proprement parler que la pratique du spéléisme commence !!

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Fabrice semble content de son initiation. Il aimerait prolonger l'activité en notre compagnie en adhérant au SCSP. Aussi je lui expliquer les démarches à réaliser....nous sommes tous assis sur un bout de calcaire pour tout siège. Nous ressortons ensuite du trou pour regagner le véhicule collectif. Le temps du trajet sera l'opportunité de longs débriefings autour de la spéléologie et l'occasion de quelques blagues crapuleuses dont Sébastien et moi gardent le secret. Peut-être que quelques sujets très politisés et polémiques se sont frayés une petite place durant notre trajet de retour...

Nicolas

Les photos sont issues du site meconnu.fr