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Event des jonquilles

  • Lieu: Noailles - Corrèze (19)
  • Type de sortie: Grotte de classe IV
  • Présents: Sébastien (SCSP), Nicolas (SCSP), Fabrice (SCSP), Emilie (SCHV), Anne (SCHV), Christopher (SCHV)
  • Excusé: /
  • Déduction fiscale: 72km (Niko), 116 km (Sébastien)
  • Assurance temporaire: Fabrice
  • Temps passé sous terre: 6h15 (11h30 -> 17h45)
  • En interclub avec le SCHV (Limoges)

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Plan de l'event des Jonquilles

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Coupe schématique des l'event des Jonquilles

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Plan du réseau entier Couze

Coco (ou Christopher pour les moins intimes) essaye de me joindre téléphoniquement, c'est laborieux mais on y arrive. Il est dispo et il est super motivé pour faire un trou. Anne est dispo, et elle est aussi super motivée. Christo a déjà une idée d'où il veut aller : l'aval des jonquilles ! bref, voilà qui est dans les tuyaux. Moi je reviens du COVID, je suis HS, donc reprise en douceur, les Jonquilles : ça me va et en plus j'ai 2 gars motivés pour faire de la rivière. On fixe la date sur le calendrier et c'est parti : rendez-vous 10h15 à Noailles.

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Fabrice remonte l'avant dernier puits

Au final, j'arrive à 9h30 au parking de Noailles, je suis en avance mais j'en profite pour mettre au carré les informations SMS que j'envoie avant chaque descente sous terre : heure d'entrée, heure approximative de sortie, commune de la cavité, nom de la cavité, objectif visé, nombre de personne, numéro de téléphone des secours spéléo et pour finir l'heure de déclenchement automatique des secours. Ah je reçois un SMS, Seb et Fabrice sont déjà là. Cool, il est 9h45 et ils sont sur la terrasse de café de la petite épicerie. On sirote un petit café tout les 3 en attendant les Limougeauds. Un message arrive, puis une voiture plein de Limougeauds qui font des coucou compulsifs : je pense que c'est eux ! On bouge pour aller se garer à la zone de parking. Et oui, avant il y avait un parking beaucoup plus proche... mais il y avait conflit d'usage entre les homosexuels qui se rencardaient pour une petite gaterie, les spéléologues qui venaient se changer avant d'aller sous terre et le propriétaire qui voulait la paix.

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Seb est subjugué par les coulées de calcite

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Petite mise en scène

On se salue, on procède aux formules habituelles de politesse et on parle du bon vieux temps car on est déjà à un stade avancé de vieuconisation (plus de 40 ans). On casse une petite croutte, j'essaye de convaincre Seb du bien fondé de prendre un petit encas avant de descendre brûler toutes les calories si durement acquises par la morsure froide et pénétrante de l'eau de la rivière. On mange donc 2 avocats, 5 cornichons, 3 tartines de patés et 2 bouts de chocolat avant de descendre. Vient ensuite le délicat moment où il faut habiller les néophytes avec le matériel de progression vertical. Fabrice est un beau bébé de 110kg bien carré. Coco a assuré. Il m'a prêté un baudrier taille M afin que je prête mon baudrier taille unique à Fabrique. Je galère a enfiler le baudrier qui est trop petit pour moi...heureusement que c'est pas Fabrice qui le porte. Pour Fabrice, il faudra rajouter un petit mousqueton à vis pour que le baudrier lui aille comme un gant. Evidemment, on sait que c'est un réglage en mode "one shot" donc cela sera pitoyablement mauvais !

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Seb remonte l'accès à l'aval de l'amont

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La galerie merveilleuse

Tout le monde est prêt, on part donc en direction de l'Igue des Jonquilles. Le nom de cavité vient de l'inventeur, qui a baptisé la grotte du nom de la fleur qui parsème les alentours de l'entrée. L'entrée est surprenante pour un non initié : une bouche d'égout située en pleine forêt. On briefe rapidement Fabrice de la descente en rappel, je n'insiste pas étant donnée qu'il est déjà rompu à ce type d'exercice en tant que pompier volontaire. On organise l'ordre de la descente. Niko équipe, et coatch Fabrice, Emilie suit pour aider Fabrice et Seb. Seb suivra, puis Anne et Coco pour fermer la marche. La descente fut sans véritable histoire et un peu moins d'heure plus tard, nous étions en bas. 2 groupes se forment, les limougeauds, expérimentés vont faire l'aval de la rivière. Ils sont équipés de combinaisons en néoprène car cette partie de la cavité est plus aquatique. Nous menons les limougeauds au puits des tullistes qui mène à l'aval et repartons dans l'autre sens vers les amonts. Je suis dégouté car j'ai égaré mon portable et suis bien en mal pour faire des photographies. Cela fait 2 ou 3 sorties que le site du club est dépourvu d'illustrations.

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Fabrice découvre la galerie merveilleuse

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Les coulées sont beiges et noires

Nous progressons, Seb, Fabrice et moi en direction de l'amont. La galerie fossible qui débute après le ramping d'entrée est large et haute. Celle-ci est parsemée de nombreux obstacles plus ou moins aquatiques. Des gours bien remplis d'eau, de petites escalades et quelques rétrécissements rendent la course sportive. Nous voilà sur le dernier obstacle. Il s'agit d'un escalade abrupte où les prises sont engluées de boue. Ensuite il ne reste plus que de la marche pour arriver à l'entrée dite "aval de l'amont" de la rivière. Une petite verticale prend son siège en un calcaire à la structure fortement lacunaire. J'installe un équipement de progression vertical à partir d'amarrage naturels car 2 lunules font bien l'affaire. Seb et Fabrice se débrouillent comme des chefs et descendent sans heurt le puits menant à la rivière. Arrivée en bas, c'est la surprise, Seb est content car il est dans son élément. Nous nous frayons un passage rive gauche en direction du départ de la galerie merveilleuse. "Du sable !! S'exclame Sébastien". "Il ne reste plus que le soleil" lui rétorque ai-je. En tatant ma cuisse, je retrouve mon portable qui avait glissé dans ma combinaison : je suis content !!!! Nous faisons quelques photographies pour fixer cet évènement.

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Couleur or à contrejour

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On arrive à la fin de la galerie

Nous marchons dans la galerie merveilleuse. Tout est exagérément noir et le calcaire forme des silhouettes inhabituelles grâce au concours de morceaux de silex résistants à l'abrassion mécanique et à l'érosion chimique. Nous nous déplaçons maintenant sur une sorte de ponts de silex. Petit à petits, des couleurs viennent s'ajouter progressivement pour enrichir le nuancier Pantone. D'abord le beige, puis le marron puis des couleurs orifères. Ces coulées de calcite colorée viennent de déverser sur des paroies qui se sont maintenant entichées de blanc. Les cupules d'érosion sont saillantes et finement dessinées. Elles laissent apparaitre de petits contours noirs amplifiant le contraste aux abord des creusements. Au sol, la magie visuelle est aussi au rendez-vous. Tantôt des vasques emplies d'un bleu céruléen, tantôt des micro-gours à l'aspect rude et fragile à la fois. Nous arrivons au bout de la galerie qui est marqué par un puits. Celui-ci se dérobe vers le siphon terminal ornée d'un fil d'ariane comme pour nous inviter à le suivre vers des profondeurs insondables.

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Attention c'est fragile !

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Une progression lente mais agréable

Nous faisons demi-tour tout en empruntant un itinéraire alternatif, plus bas, plus étroit, plus sportif mais non moins beau. Fabrice passe sans problème et gère avec brio sa carrure de rugbyman. Seb n'en peut plus d'exprimer son contentement. Pendant ce temps je m'arrange pour prendre quelques clichés afin de garder le souvenir de cette sortie. Nous voilà arrivé derechef sur le pont de silex. Une galerie étroite vient de notre gauche et nous délivre généreusement le grondement de la rivière. Seb adore les étroitures et souhaite vraiment explorer cette partie de la cavité. Fabrice est plus reservé car il préfère garder de l'énergie en cas de besoin. "Sage décision lorsqu'on ne sait pas de quoi est fait la remontée sur corde", lui dis-je. Nous nous engouffrons, Seb et moi dans un ramping parsemé de silex. Les dimension sont suffisement petites pour nous obliger à ramper la majeure partie du temps. Nous arrivons au dessus de la rivière par deux fois. De beaux regards sur des cascades vigoureusement alimentées en eau. Nous effectuons une petite boucle avant de rejoindre Fabrice qui aura eu le temps de reprendre son souffle. Nous revenons dans la rivière en passant par la plage. Seb et Fabrice remontent en poignée longée tout en pratiquant de l'escalade afin de gagner en efficacité. Je déséquipe rapidement le puits avant de laisser le matériel au sol.

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Des micro-gours en cascade

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Une stalactite

Nous repartons en direction de l'amont. Cette partie de la rivière, située non loin, est un peu plus longue et surtout plus accidentée. Nous desescaladons un genre de rift avant de sauter sur une coulée active qui se dresse au milieu de la rivière. Ce n'est pas du tout la même configuration que précédemment. La rivière est découpé par de profondes vasques qu'il est possible de contourner moyennant des pas d'escalades plus ou moins exposés. Nous goutons aux joies éphèmères des sauts dans l'eau froide....avant de faire demi tour.

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L'entrée de la galerie merveilleuse

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On marche sur du rien

Nous repartons vers la base des puits d'un pas rapide. Ayant retrouvé mon smartphone, je profite de l'occasion pour réaliser quelques clichés avec la complicité de mes 2 comparses. Nous mettons en scènes quelques prises afin de garder intact l'émoi d'origine. Presqu'arrivés à la base des puits, nous rencontrons l'équipes des confirmés, revenus de l'amonts pour voir où nous en sommes. Nous décidons ensemble de l'ordre des sorties. Emilie remonte en premier avec le kit bleu de Coco...enfin ou pas, enfin je veux dire qu'elle remonte bien mais sans le kit. Derrière elle, Anne prends la suite avec, comme toujours, de la vigueur dans l'effort. Sébastien suivra, guidé par les conseil d'Emilie qui laissera Anne la doubler. Je remonterais ensuite. Et Fabrice entamera sa montée. Coco bouclera la remontée et procédera au déséquipement de la cavité. Seb est content de lui. Il estime n'avoir pas commis d'erreur technique à la remontée. De surcroit, il pense avoir laissé peu d'énergie pour le faire. Pour Fabrice, ce ne sera pas la même. Le premier puits de 35 mètre est difficile sur le dernier tier, probablement à cause d'un réglage de matériel catastrophique. Les deux derniers puits, sont très difficiles à monter. Quelle est la taille du fémur d'un homme de 1m91 ? Il s'agit bien là du problème. C'est la dimension de cet os, qui empêtre littéralement Fabrice dans ces mouvements de jambes alternatifs visant à remonter sur corde. Pour le dernier puits, c'est un exercice milimétrique. Je suis derrière lui en escalade et tente d'assurer ses prises avec mes mains. Je remets ponctuellement son pantin et l'aide en lui communiquant quelques conseils. Fabrice restera calme dans l'adversité. On ne peut que le féliciter d'avoir été aussi stoïque. Alors que Fabrice est pratiquement sorti de la buse d'entrée, Emilie, Anne et Seb apportent activement du soutien à notre grand gaillard.

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Petite photo de demi-groupe

Niko saute dans la rivière

Ca y est, tout le monde est sorti. Des sourires illuminent des visages affichant pourtant des traits fatigués. Nous rangeons le matériel, récupérons les clés et retournons promptement à nos véhicules. C'est une sortie réussie qui se termine, comme toujours, dans la joie et la bonne humeur.

Merci à nos amis limougeauds pour leur présence,

Nicolas