Igue de la Léoune III (puits mandela)
Igue de la Léoune III (puits mandela)
Section titled âIgue de la LĂ©oune III (puits mandela)â- Lieu: Promilhanes - Lot (46)
- Date: 25/02/2022
- Type de sortie: Grotte de classe IV
- Présents: Stéphane (GSR), Emilie (SCHV), Anaël (SCHV), Nicolas (SCSP)
- Excusé: /
- Déduction fiscale: 164 km (Niko)
- Assurance temporaire: /
- Temps passé sous terre: 5h15 (11h15 -> 16h30)
- En interclub avec le GSR (Rennes) et SCHV (Limoges)
Nous nous retrouvons tous au cimetiĂšre de Promilhanes car je connais un besoin rĂ©current de receuillementâŠen ces jours troublĂ©s. Encore une sortie qui dĂ©bute par le cimetierre (Igue de Saint-Sol). Vas-t-elle se terminer au mĂȘme endroit ? Et bien, non, lâentrĂ©e de la lĂ©oune III se fait un peu plus loin. Aussi, nous parcourons quelques centaines de mĂštres en direction de lâentrĂ©e articifielle, ouverte dans les annĂ©es 1990.

Vos aventuriers en pleine contemplation
Nous nous prĂ©parons rapidement. Pour Steph et moi, ce sont des retrouvailles. Nous avons jadis frayĂ© le sol humide, froid et rocheux de la mĂȘme grotte. CâĂ©tait il y a quelques annĂ©es, en Suisse, sur la traversĂ©e des fĂ©es de Vallorbe. Une Ă©popĂ©e qui se termina par un magnifique secours payant !
Une lourde porte en mĂ©tal, posĂ©e sur un Ă©difice sommairement maçonnĂ©, dĂ©fend lâentrĂ©e de lâIgue. Emilie, emprunte dâune envie absolument viscĂ©rale dâĂ©quiper lâensemble de la cavitĂ©; dĂ©bute lâĂ©quipement du puits artificiel. Une barre mĂ©tallique, de bon diamĂštre et de section carrĂ©e permet de sâamarrer solidement. AprĂšs un court et ennuyeux rappel sur le paradigme dâirrĂ©prochabilitĂ© des amarrages, Emilie procĂšde Ă un Ă©quipement parfaitement sĂ©curisĂ©.

Câest quand mĂȘme principalement argileux
Je prend le relais pour Ă©quiper, et ouvre le bal. AnaĂ«l me rejoint, lui aussi est emprunt dâune furie Ă©quipatoire !! Aussi je mâincline et le laisse Ă©quiper la tĂȘte du grand puits. Puis je reprend la main pour mettre en place les 2 fractionnements qui suivent. AnaĂ«l terminera lâĂ©quipement, en prĂ©parant la main courante, la tĂȘte de puits et les 2 dĂ©viations qui suivent. Il sâinquiĂšte de savoir sâil nâest pas un boulet⊠il ne voudrait pas que nous nous ennuyĂąmes ou que nous attrapions froid. Sauf que la force est avec lui, nous sommes tous bien rĂ©chauffĂ©s, et bien dĂ©cidĂ© Ă en dĂ©coudre avec le puits Mandela. Nous en profitons pour philosopher sur les frottements, de lâusage de la dyneema et plein de considĂ©ration technico-spĂ©lĂ©ologiques qui ennuyeraient le lecteur Ă©pris de sensations fortes.
Petit interlude historique, quel est lâorigine de la dĂ©nomination de ce puits ? Je pense quâil faut revenir en 1994, lors des premiĂšres Ă©lections nationales non sĂ©grĂ©gationnistes de lâhistoire de lâAfrique du Sud pour savoir quâil sâagit du nom de ce prĂ©sident qui allaient bouleverser lâhistoire dâune nation en luttant activement contre la sĂ©grĂ©gation raciale.

Stéphane dans le puits de boue
Revenons Ă nos moutons. Ca y est, la corde est libre et AnaĂ«l est parvenu en bas de la succession de puits magnifiques qui nous amĂšne au dĂ©but dâune escapade sportive. En effet, jusquâĂ lĂ : tout va bien ! Les dimensions de la grotte semblent friser lâinfini. JâĂ©quipe le dernier puits de boue qui nous sĂ©pare de la riviĂšre. AnaĂ«l me suit de prĂšs. Nous progressons durant quelques dizaines de mĂštres avant de lĂącher nĂ©gligeamment notre matĂ©riel de progression verticale sur les abord boueux et Ă©troits de la riviĂšre.
Nous repartons, Ă lâassault de la riviĂšre, qui semble se dĂ©velopper dans un volume restreint. 50cm Ă 1m de haut sur 1m20 de large avec un fin filet dâeau froide, afin de rester motivĂ©. JâhĂ©site sur lâitinĂ©raire Ă prendre, tant la partie boueuse qui suit lâescalade dâune coulĂ©e majestueuse, semble dĂ©boucher sur un boyau empli dâargile collante. Notre erreur mĂšnera a essayer de suivre la riviĂšre dans un passage aux dimensions plus restreinte quâĂ lâaccoutumĂ©e. Notre immersion dans la cavitĂ© est dĂ©sormais pratiquement totale, au sens propre et moins propre, voir figurĂ©. Nous rebroussons chemin en comprenant que la suite nâĂ©tait pas ici, la riviĂšre semble impĂ©nĂ©trable.

Anaël en pleine contemplation vient de finir son équipement
Ma scurion est dĂ©jĂ vide, 2h Ă peine aprĂšs ĂȘtre parti. Ce nâest pas bon signe, il est fortement probable que lâaccumulateur soit fatiguĂ© par ses 8 annĂ©es de bons et loyaux services. Je passe en mode PixaâŠlĂ câest pas la mĂȘme. Je me dĂ©place en mode palpation et Ă©cho-location. GrĂące Ă lâĂ©mision une onde sonore de frĂ©quence supĂ©rieure Ă 20 kHz, je ne gĂšne pas mes caramades spĂ©lĂ©ologues. En effet, je poursuis la progression en mesurant pĂ©riodiquement le temps de rebond des ondes sonores ce qui me permet dâestimer les volumes qui mâentourent.
La zone boueuse Ă©tait finalement trĂšs courte. Celle-ci est suivi de zones un peu plus larges, permettant une station verticale dont lâusage nous apparait comme quasi oubliĂ©. Cependant, la joie fut de courte durĂ©e, car la riviĂšre se poursuit en dessinant irrĂ©mĂ©diablement le mĂȘme schĂ©ma : une succession de passages bas que lâon peut shunter par des escalades glissantes et boueuses. Quelques glissades sont parfois un peu engagĂ©es car il est bien difficile de maitriser sa descente.

Ce puits est impressionant
AprĂšs lâescalade dâun chaos de roche de taille imposante, nous comprenons que nous sommes arrivĂ© au terminus. Il serait possible de franchir ce chaos pour passer dans la LĂ©oune N°2, mais est-ce raisonnable de prendre le risque de se coincer ? Finalement notre raison lâemporte sur la fougue et nous envisageons un repli progressif vers la base des puits. Emilie est enjouĂ©e par la magnifiscence de ces volumes marrons et la variĂ©tĂ© des formes de galeries. AnaĂ«l, lui continue dâĂ©tayer sa vision de la pratique spĂ©lĂ©ologique. Steph et moi sommes en discussion sur une Ă©ventuelle visite de carriĂšres sous Paris Ă venir.
Le retour fut bref et efficace. Nous avons pris la mesure de la cavitĂ©, et il nâĂ©tait nul besoin dâun dĂ©camĂštre. AprĂšs de longues minutes, nous regagnons lâemplacement oĂč nous avons laissĂ© notre prĂ©cieux matĂ©riel. AnĂ«l est pressenti pour le dĂ©sĂ©quipement. StĂ©phane commence Ă remonter le premier. Sans pantin, doutant de mon efficacitĂ©, je pars le second.
La remontĂ©e fut rapide mais nous profitons du panorama qui sâouvre Ă nous. La circonfĂ©rence du puits est rĂ©guliĂšre, il sâagit lĂ dâune vĂ©ritable merveille de la nature. ArrivĂ© dehors, il est dĂ©jĂ 16h30. StĂ©phane et moi profitons pour vieuconiser un peu. La vieuconisation consiste Ă parler du bon vieux tempsâŠcâest un processus naturel, liĂ© au vieillissement du cerveau qui commence Ă ĂȘtre visible au dĂ©lĂ de 40 ans.

De beaux volumes
Emilie arrive, elle semble bien chargĂ©e. Câest elle qui porte la corde de 100m ! Quelle belle brochette de goujats qui laissent les femmes porter le plus gros du matĂ©rielâŠou peut ĂȘtre quâon est en train dâopĂ©rer un premier pas vers le fĂ©minisme ? Question de points de vue Ă discuter.
Nous arrivons Ă la sempiternelle Ă©tape du dĂ©sĂ©quipement, rangement et petit repas post-spĂ©lĂ©ologique traditionnel oĂč fusent les blagues les plus grot(t)esques qui soient. Tout ce qui est mangĂ© durant cette pĂ©riode est inexorablement embellie par lâeffort et les Ă©motions passĂ©es. AprĂšs avoir partagĂ© ce moment frugal, chacun reprend son carrose en direction de ses pĂ©nates.
Merci à tous pour ces moments de partages agréables.
Nicolas