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Puits des jonquilles - Amonts

  • Lieu: Noailles - CorrĂšze (19)
  • Date: 19/04/2022
  • Type de sortie: Grotte de classe IV
  • PrĂ©sents: SĂ©bastien (SCSP), Nicolas (SCSP), Fabrice (SCSP), Emilie (SCHV), Anne (SCHV), Christopher (SCHV)
  • ExcusĂ©: /
  • DĂ©duction fiscale: 72km (Niko), 116 km (SĂ©bastien)
  • Assurance temporaire: Fabrice
  • Temps passĂ© sous terre: 6h15 (11h30 -> 17h45)
  • En interclub avec le SCHV (Limoges)

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Plan de l’event des Jonquilles

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Coupe schĂ©matique des l’event des Jonquilles

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Plan du réseau entier Couze

Coco (ou Christopher pour les moins intimes) essaye de me joindre tĂ©lĂ©phoniquement, c’est laborieux mais on y arrive. Il est dispo et il est super motivĂ© pour faire un trou. Anne est dispo, et elle est aussi super motivĂ©e. Christo a dĂ©jĂ  une idĂ©e d’oĂč il veut aller : l’aval des jonquilles ! bref, voilĂ  qui est dans les tuyaux. Moi je reviens du COVID, je suis HS, donc reprise en douceur, les Jonquilles : ça me va et en plus j’ai 2 gars motivĂ©s pour faire de la riviĂšre. On fixe la date sur le calendrier et c’est parti : rendez-vous 10h15 Ă  Noailles.

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Fabrice remonte l’avant dernier puits

Au final, j’arrive Ă  9h30 au parking de Noailles, je suis en avance mais j’en profite pour mettre au carrĂ© les informations SMS que j’envoie avant chaque descente sous terre : heure d’entrĂ©e, heure approximative de sortie, commune de la cavitĂ©, nom de la cavitĂ©, objectif visĂ©, nombre de personne, numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone des secours spĂ©lĂ©o et pour finir l’heure de dĂ©clenchement automatique des secours. Ah je reçois un SMS, Seb et Fabrice sont dĂ©jĂ  lĂ . Cool, il est 9h45 et ils sont sur la terrasse de cafĂ© de la petite Ă©picerie. On sirote un petit cafĂ© tout les 3 en attendant les Limougeauds. Un message arrive, puis une voiture plein de Limougeauds qui font des coucou compulsifs : je pense que c’est eux ! On bouge pour aller se garer Ă  la zone de parking. Et oui, avant il y avait un parking beaucoup plus proche
 mais il y avait conflit d’usage entre les homosexuels qui se rencardaient pour une petite gaterie, les spĂ©lĂ©ologues qui venaient se changer avant d’aller sous terre et le propriĂ©taire qui voulait la paix.

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Seb est subjugué par les coulées de calcite

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Petite mise en scĂšne

On se salue, on procĂšde aux formules habituelles de politesse et on parle du bon vieux temps car on est dĂ©jĂ  Ă  un stade avancĂ© de vieuconisation (plus de 40 ans). On casse une petite croutte, j’essaye de convaincre Seb du bien fondĂ© de prendre un petit encas avant de descendre brĂ»ler toutes les calories si durement acquises par la morsure froide et pĂ©nĂ©trante de l’eau de la riviĂšre. On mange donc 2 avocats, 5 cornichons, 3 tartines de patĂ©s et 2 bouts de chocolat avant de descendre. Vient ensuite le dĂ©licat moment oĂč il faut habiller les nĂ©ophytes avec le matĂ©riel de progression vertical. Fabrice est un beau bĂ©bĂ© de 110kg bien carrĂ©. Coco a assurĂ©. Il m’a prĂȘtĂ© un baudrier taille M afin que je prĂȘte mon baudrier taille unique Ă  Fabrique. Je galĂšre a enfiler le baudrier qui est trop petit pour moi
heureusement que c’est pas Fabrice qui le porte. Pour Fabrice, il faudra rajouter un petit mousqueton Ă  vis pour que le baudrier lui aille comme un gant. Evidemment, on sait que c’est un rĂ©glage en mode “one shot” donc cela sera pitoyablement mauvais !

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Seb remonte l’accùs à l’aval de l’amont

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La galerie merveilleuse

Tout le monde est prĂȘt, on part donc en direction de l’Igue des Jonquilles. Le nom de cavitĂ© vient de l’inventeur, qui a baptisĂ© la grotte du nom de la fleur qui parsĂšme les alentours de l’entrĂ©e. L’entrĂ©e est surprenante pour un non initiĂ© : une bouche d’égout situĂ©e en pleine forĂȘt. On briefe rapidement Fabrice de la descente en rappel, je n’insiste pas Ă©tant donnĂ©e qu’il est dĂ©jĂ  rompu Ă  ce type d’exercice en tant que pompier volontaire. On organise l’ordre de la descente. Niko Ă©quipe, et coatch Fabrice, Emilie suit pour aider Fabrice et Seb. Seb suivra, puis Anne et Coco pour fermer la marche. La descente fut sans vĂ©ritable histoire et un peu moins d’heure plus tard, nous Ă©tions en bas. 2 groupes se forment, les limougeauds, expĂ©rimentĂ©s vont faire l’aval de la riviĂšre. Ils sont Ă©quipĂ©s de combinaisons en nĂ©oprĂšne car cette partie de la cavitĂ© est plus aquatique. Nous menons les limougeauds au puits des tullistes qui mĂšne Ă  l’aval et repartons dans l’autre sens vers les amonts. Je suis dĂ©goutĂ© car j’ai Ă©garĂ© mon portable et suis bien en mal pour faire des photographies. Cela fait 2 ou 3 sorties que le site du club est dĂ©pourvu d’illustrations.

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Fabrice découvre la galerie merveilleuse

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Les coulées sont beiges et noires

Nous progressons, Seb, Fabrice et moi en direction de l’amont. La galerie fossible qui dĂ©bute aprĂšs le ramping d’entrĂ©e est large et haute. Celle-ci est parsemĂ©e de nombreux obstacles plus ou moins aquatiques. Des gours bien remplis d’eau, de petites escalades et quelques rĂ©trĂ©cissements rendent la course sportive. Nous voilĂ  sur le dernier obstacle. Il s’agit d’un escalade abrupte oĂč les prises sont engluĂ©es de boue. Ensuite il ne reste plus que de la marche pour arriver Ă  l’entrĂ©e dite “aval de l’amont” de la riviĂšre. Une petite verticale prend son siĂšge en un calcaire Ă  la structure fortement lacunaire. J’installe un Ă©quipement de progression vertical Ă  partir d’amarrage naturels car 2 lunules font bien l’affaire. Seb et Fabrice se dĂ©brouillent comme des chefs et descendent sans heurt le puits menant Ă  la riviĂšre. ArrivĂ©e en bas, c’est la surprise, Seb est content car il est dans son Ă©lĂ©ment. Nous nous frayons un passage rive gauche en direction du dĂ©part de la galerie merveilleuse. “Du sable !! S’exclame SĂ©bastien”. “Il ne reste plus que le soleil” lui rĂ©torque ai-je. En tatant ma cuisse, je retrouve mon portable qui avait glissĂ© dans ma combinaison : je suis content !!!! Nous faisons quelques photographies pour fixer cet Ă©vĂšnement.

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Couleur or Ă  contrejour

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On arrive Ă  la fin de la galerie

Nous marchons dans la galerie merveilleuse. Tout est exagĂ©rĂ©ment noir et le calcaire forme des silhouettes inhabituelles grĂące au concours de morceaux de silex rĂ©sistants Ă  l’abrassion mĂ©canique et Ă  l’érosion chimique. Nous nous dĂ©plaçons maintenant sur une sorte de ponts de silex. Petit Ă  petits, des couleurs viennent s’ajouter progressivement pour enrichir le nuancier Pantone. D’abord le beige, puis le marron puis des couleurs orifĂšres. Ces coulĂ©es de calcite colorĂ©e viennent de dĂ©verser sur des paroies qui se sont maintenant entichĂ©es de blanc. Les cupules d’érosion sont saillantes et finement dessinĂ©es. Elles laissent apparaitre de petits contours noirs amplifiant le contraste aux abord des creusements. Au sol, la magie visuelle est aussi au rendez-vous. TantĂŽt des vasques emplies d’un bleu cĂ©rulĂ©en, tantĂŽt des micro-gours Ă  l’aspect rude et fragile Ă  la fois. Nous arrivons au bout de la galerie qui est marquĂ© par un puits. Celui-ci se dĂ©robe vers le siphon terminal ornĂ©e d’un fil d’ariane comme pour nous inviter Ă  le suivre vers des profondeurs insondables.

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Attention c’est fragile !

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Une progression lente mais agréable

Nous faisons demi-tour tout en empruntant un itinĂ©raire alternatif, plus bas, plus Ă©troit, plus sportif mais non moins beau. Fabrice passe sans problĂšme et gĂšre avec brio sa carrure de rugbyman. Seb n’en peut plus d’exprimer son contentement. Pendant ce temps je m’arrange pour prendre quelques clichĂ©s afin de garder le souvenir de cette sortie. Nous voilĂ  arrivĂ© derechef sur le pont de silex. Une galerie Ă©troite vient de notre gauche et nous dĂ©livre gĂ©nĂ©reusement le grondement de la riviĂšre. Seb adore les Ă©troitures et souhaite vraiment explorer cette partie de la cavitĂ©. Fabrice est plus reservĂ© car il prĂ©fĂšre garder de l’énergie en cas de besoin. “Sage dĂ©cision lorsqu’on ne sait pas de quoi est fait la remontĂ©e sur corde”, lui dis-je. Nous nous engouffrons, Seb et moi dans un ramping parsemĂ© de silex. Les dimension sont suffisement petites pour nous obliger Ă  ramper la majeure partie du temps. Nous arrivons au dessus de la riviĂšre par deux fois. De beaux regards sur des cascades vigoureusement alimentĂ©es en eau. Nous effectuons une petite boucle avant de rejoindre Fabrice qui aura eu le temps de reprendre son souffle. Nous revenons dans la riviĂšre en passant par la plage. Seb et Fabrice remontent en poignĂ©e longĂ©e tout en pratiquant de l’escalade afin de gagner en efficacitĂ©. Je dĂ©sĂ©quipe rapidement le puits avant de laisser le matĂ©riel au sol.

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Des micro-gours en cascade

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Une stalactite

Nous repartons en direction de l’amont. Cette partie de la riviĂšre, situĂ©e non loin, est un peu plus longue et surtout plus accidentĂ©e. Nous desescaladons un genre de rift avant de sauter sur une coulĂ©e active qui se dresse au milieu de la riviĂšre. Ce n’est pas du tout la mĂȘme configuration que prĂ©cĂ©demment. La riviĂšre est dĂ©coupĂ© par de profondes vasques qu’il est possible de contourner moyennant des pas d’escalades plus ou moins exposĂ©s. Nous goutons aux joies Ă©phĂšmĂšres des sauts dans l’eau froide
avant de faire demi tour.

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L’entrĂ©e de la galerie merveilleuse

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On marche sur du rien

Nous repartons vers la base des puits d’un pas rapide. Ayant retrouvĂ© mon smartphone, je profite de l’occasion pour rĂ©aliser quelques clichĂ©s avec la complicitĂ© de mes 2 comparses. Nous mettons en scĂšnes quelques prises afin de garder intact l’émoi d’origine. Presqu’arrivĂ©s Ă  la base des puits, nous rencontrons l’équipes des confirmĂ©s, revenus de l’amonts pour voir oĂč nous en sommes. Nous dĂ©cidons ensemble de l’ordre des sorties. Emilie remonte en premier avec le kit bleu de Coco
enfin ou pas, enfin je veux dire qu’elle remonte bien mais sans le kit. DerriĂšre elle, Anne prends la suite avec, comme toujours, de la vigueur dans l’effort. SĂ©bastien suivra, guidĂ© par les conseil d’Emilie qui laissera Anne la doubler. Je remonterais ensuite. Et Fabrice entamera sa montĂ©e. Coco bouclera la remontĂ©e et procĂ©dera au dĂ©sĂ©quipement de la cavitĂ©. Seb est content de lui. Il estime n’avoir pas commis d’erreur technique Ă  la remontĂ©e. De surcroit, il pense avoir laissĂ© peu d’énergie pour le faire. Pour Fabrice, ce ne sera pas la mĂȘme. Le premier puits de 35 mĂštre est difficile sur le dernier tier, probablement Ă  cause d’un rĂ©glage de matĂ©riel catastrophique. Les deux derniers puits, sont trĂšs difficiles Ă  monter. Quelle est la taille du fĂ©mur d’un homme de 1m91 ? Il s’agit bien lĂ  du problĂšme. C’est la dimension de cet os, qui empĂȘtre littĂ©ralement Fabrice dans ces mouvements de jambes alternatifs visant Ă  remonter sur corde. Pour le dernier puits, c’est un exercice milimĂ©trique. Je suis derriĂšre lui en escalade et tente d’assurer ses prises avec mes mains. Je remets ponctuellement son pantin et l’aide en lui communiquant quelques conseils. Fabrice restera calme dans l’adversitĂ©. On ne peut que le fĂ©liciter d’avoir Ă©tĂ© aussi stoĂŻque. Alors que Fabrice est pratiquement sorti de la buse d’entrĂ©e, Emilie, Anne et Seb apportent activement du soutien Ă  notre grand gaillard.

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Petite photo de demi-groupe

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Niko saute dans la riviĂšre

Ca y est, tout le monde est sorti. Des sourires illuminent des visages affichant pourtant des traits fatiguĂ©s. Nous rangeons le matĂ©riel, rĂ©cupĂ©rons les clĂ©s et retournons promptement Ă  nos vĂ©hicules. C’est une sortie rĂ©ussie qui se termine, comme toujours, dans la joie et la bonne humeur.

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Merci à nos amis limougeauds pour leur présence,

Nicolas